(Hals - Portrait d'homme, détails)
(Content, semble-t-il, du tour qu'il joue à tous ceux qui le regardent, d'être peint et de ne paraître pas moins vivant qu'eux, habillé de coups de pinceau roux et noirs.)
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(Hals - Portrait d'homme, détails)
(Content, semble-t-il, du tour qu'il joue à tous ceux qui le regardent, d'être peint et de ne paraître pas moins vivant qu'eux, habillé de coups de pinceau roux et noirs.)
(Claude Lorrain - Paysage avec Apollon et Mercure, détail)
[Poussin - l'Eté ou Ruth et Booz (détail)]
(Une histoire venue de la Bible (Ruth,2). Mais la grisaille des jours d'été dans la campagne romaine. Poussière des moissons. Marbre gris des bas-reliefs antiques. Gestes arrêtés, éloquents et lourds.)
A nouveau à Beaubourg (Big Bang) voir les Cinq anges pour le Millénaire de Viola : apparitions asynchrones, ascensions qui sont aussi des immersions, rumeur de cataracte et de cigales, couleur tranchée de chaque projection comme les robes des anges dans certains Baptêmes du Christ.
(Bellini - Baptême du Christ, Santa Corona de Vicence -détail).
Après l'éclatante profession de foi hugolienne du Vrai Parisien, je ne me risquerai pas à une défense de Tintoret. A vrai dire je ne sais pas grand chose de ce peintre. Certes, au cours des années, j'ai lu son nom dans un poème de Bonnefoy, dans un roman de Bernhard, chez Henry James récemment : j'ai vu beaucoup de ses toiles et beaucoup d'admirables à la Scuola di San Rocco, ailleurs dans Venise, à Vienne, à Madrid. La dernière, la Cène de San Giorgio Maggiore : belle par sa maîtrise et son audace dans la représentation de l'espace, par la force des corps et des poses, par la lumière qui émane des visages ; l'art d'isoler et d'unifier, de représenter le détail de gestes profondément humains au sein d'une ombre surnaturelle, continue, qui assourdit les couleurs, de mêler fantômes et vivants.
La Cène. (Ombres cernées d'où la lumière sourd comme d'une lampe, corps en formation dans l'espace, ouvrant creusant forçant l'espace, façonnés vivants par la lumière dans la fumée et l'ombre).
Suzanne et les vieillards. (Nue, huile limpide miroir, flamme et soie).
L'autre jour, au Louvre, d'abord pour la prédelle du Mantegna qu'on ne voit (et qu'on ne verrait) pas dans le retable de San Zeno de Vérone. Mais fuyant la Grande Galerie, je me retrouve comme souvent dans les salles Corot de la Cour Carrée. Calme et unité : parce que l'étage est relativement peu fréquenté, parce que le nombre de toiles suffit à remplir plusieurs salles avec les œuvres d'un seul peintre.
Je m'arrête toujours devant le Pont de Narni : Corot peint non pas une vue mais un regard (les premiers plans sont flous), fixé peut-être au niveau des arches presque toutes manquantes du pont écroulé. (L'arche révèle en l'isolant ce qu'elle cache en partie ; mieux encore quand elle a disparu). La lumière parle de la transparence de l'air le matin. L'ocre des rives et l'azur passent dans le fleuve, sable et ciel mêlés avec le reflet. La pile du pont met dans l'eau une ombre bleue comme le lait et comme les montagnes bleues à l'horizon.