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Mes bouquins refermés - Page 113

  • L'Ecosse en vue

    And, in fact, she cantered up to the top a gentle hill, commanding an extensive prospect. Casting her eyes around, to see that no one was near us, she drew up her horse beneath a few birch-trees, which screened us from the rest of the hunting-field, – "Do you see yon peaked, brown, heathy hill, having something like a whitish speck upon the side?"
    "Terminating that long ridge of broken moorish uplands? – I see  it distinctly."
    "That whitish speck is a rock called Hawkesmore Crag, and Hawkesmore Crag is in Scotland."
    "Indeed? I did not think we had been so near Scotland."
    "It is so, I assure you, and your horse will carry you there in two hours."
    "I shall hardly give him the trouble; why, the distance must be eighteen miles as the crow flies."
    "You may have my mare, if you think her less blown – I say, that in two hours you may be in Scotland."
    "And I say, that I have so little desire to be there, that if my horse's head were over the Border, I would not give his tail the trouble of following. What should I do in Scotland?"
    "Provide for your safety, if I must speak plainly. Do you understand me now, Mr. Frank?"

    (Commencé Rob Roy de Walter Scott – je ne sais pas si j'irai jusqu'au bout mais je ne boude pas mon plaisir à la lecture de cette scène de panorama, au chapitre 7.)

  • Vacances d'été

    Nous habitons tous de petites maisons accrochées à la pente qui domine le petit lac sombre ; nous déjeunons ou dînons tantôt chez l'un tantôt chez l'autre ; nous lisons des poèmes anglais : l'aîné des Franckenstein compose des airs sur de petites chansons que j'ai faites à Marienbad ; à midi nous partons en bateau sur le lac pour nous baigner, le peintre reste dans le bateau pour nous croquer dans ses carnets ou faire des esquisses des arbres sur la rive ; jusque tard dans la nuit, nous allons nous promener sous le ciel étoilé ou bien nous restons assis sous la galerie d'une ferme à discuter tous ensemble... Je sais que, même si je devais un jour vivre des années sombres et moroses, je n'aurais pas le droit de me plaindre que ma vie a été pauvre après avoir vécu de tels moments.

    Quelques lignes de Hofmannsthal, traduites et citées par P. Dehusses dans sa préface à la correspondance entre le poète et Edgar Karg (« Les mots ne sont pas de ce monde »). Au présent, elles évoquent la saison de leur rencontre quelques années plus tôt dans la région du Salzkarmmergut.

  • Speedy

    Au cinéma. En vitesse, de Harold Lloyd.

    Moins drôle que le petit Frère mais imbattable pour les images du New-York des années 1920 et de ses moyens de transport (la légèreté et la déglingue du taxi et du tram pilotés par Harold font penser à ces modèles réduits de voitures qu'on fabrique avec la tôle de boîtes de conserve).

  • The kid brother

    Au cinéma. Le petit frère, de Harold Lloyd.

    Harold ne renonce jamais à ses lunettes (comme le reconnaîtrait-on ?) mais pour semer ses persécuteurs il prête son chapeau à un cochon, ses chaussures à un singe. Inventés en pleine action, ses déguisements sont économes en accessoires : deux anneaux de rideau, bracelets, le travestissent en une jeune fille pudique au saut du lit ; une robe et une chèvre instaurent une scène d'idylle dans une prairie en fleurs. L'illusion ne dure jamais ; un bref suspens, un équilibre instable, avant que la course reprenne.

    Dans la poursuite, Harold a souvent recours au contre-pied ; un obstacle, une cachette comme une bascule, lui permettent de changer la direction de la course : ses poursuivants se ruent vers l'avant, lui est déjà reparti vers l'arrière.

    Cette façon d'ouvrir une direction imprévue dans l'espace, il la met en œuvre dans un tout autre contexte ; c'est une touchante scène d'au-revoir : la fille s'en va par-delà la colline. Mais Harold a oublié de lui demander son nom, son adresse : au lieu de lui courir après, il grimpe à un arbre, montant au fur et à mesure que la jeune fille s'éloigne, pour lui crier ses questions et continuer à la voir (mais à la fin bien sûr perd l'équilibre et dégringole de branche en branche).

  • Lifeboat

    Au cinéma. Lifeboat de Hitchcock.

    Une image terrifiante : La gangrène s'est mise dans la blessure de Gus ; il faut lui couper la jambe. Les naufragés font cercle autour du marin allemand qui va opérer ; ils joignent les mains pour abriter du vent le feu d'un briquet. A travers l'écran vivant que forment les doigts, brille la lame du couteau que l'ennemi passe dans la flamme afin de la rendre convenable à l'amputation.

    (La guerre, une embarcation perdue en mer : ça fait penser à La Honte de Bergman. L'avantage du second, c'est que sa barque, non encombrée de personnages, est presque silencieuse.)

  • Dans l'escalier de Chambord

    Quatre grandes salles autour de l'escalier central : la croix grecque du donjon de Chambord serait celle dont rêvaient les architectes de la Renaissance italienne. A la croisée de leurs églises, un dôme. Coiffés d'un lanternon semblable, je me demande alors quelle secrète analogie existe entre ces coupoles et le fameux escalier à double révolution du château.

  • Dieu Cerf

    Au cinéma. Princesse Mononoké, de Miyazaki.

    Dans la feuillée, écrin vert taché d'or
    Dans la feuillée incertaine et fleurie

    (...) on voit épeuré (...)
    Le Baiser d'or du Bois, qui se recueille.

    (Il y a quelque chose de ce recueillement dans l'apparition du Dieu-Cerf au cœur de la forêt prodigieuse. Dans le poème de Rimbaud, c'est un faune qui survient ; mais les divinités de Miyazaki ne sont pas celles de notre mythologie. Le merveilleux y est autre (double merveille) ; et ses métamorphoses, et son ambivalence, ne sont pas celles auxquelles nous sommes habitués.)