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Diversion - Page 14

  • Business case

    - Une location de vélo ?
    - Voyons. Un vélo neuf coûte 20 euros. On peut le louer 5 euros par jour aux touristes.
    - (...)
    - Commençons avec 30 vélos. C'est 600 euros d'investissement. On les loue 6 mois par an, mettons 200 jours, avec un taux d'utilisation de 60%.
    - (...)
    - Il faut trois personnes pour tenir la boutique 7 jours / 7. Salaire mensuel par tête : 80 euros.
    - (et qui parlera anglais ? et le chef ?)
    - Il faut aussi un local : un coin de parking peut suffire. La dépose et la reprise se font sur le trottoir.
    - (et le transport ?)
    - Avec ces hypothèses je fais une marge de 90%. En un an, 9 000 euros de bénéfice.
    - Tu es sûr de tes calculs ?

  • Ne rien faire

    Dans le Palais de l'Union (« les quelques 9000 salles, ou pavillons, que compte le palais impérial, ont chacune leur nom, inscrit en caractère d'or, dans les graphies chinoises et mandchoues, sur le fond d'un cartouche bleu lapis, suspendu au-dessus de l'entrée »), deux idéogrammes surmontent le trône ; majestueux et noirs, ils sont paraît-il la maxime taoïste : Ne rien faire. Excellent précepte que je mets en application et qui me dispense de noter ici (ça vaut mieux) une demi-douzaine de phrases à propos de cette visite.

    [Je m'abstiens donc de dire :

    - qu'une poutre barre le seuil des temples et des palais, qu'il faut enjamber (les pieds se souviennent),

    - qu'à midi, l'ombre des touristes est parallèle à l'axe majeur du Palais impérial (et que le plan de la ville obéit à ce principe qui permet de s'orienter au soleil selon l'heure),

    - que la vue par dessus les murs (et au-delà) depuis la Colline de Charbon (de la Contemplation, corrige René Leys) est deux fois décevante : provisoirement parce que le pavillon du sommet est fermé pour travaux ; durablement à cause d'un gigantesque dôme grisâtre, construction moderne en forme de ballon écrasé devant la Cité interdite,

    - que la splendeur ici se fonde sur l'horizontale plutôt que la verticale (toitures, esplanades, terrasses superposées) et sur la succession (une cour après l'autre ; pas de vue d'ensemble du Palais).]

  • Superstition du signe

    Hier matin en rentrant de promenade : à peine j'arrive devant les ascenseurs de la tour que le manager surgit (c'est un gamin costumé et cravaté qui parle un anglais parfaitement international). En panne. Pour combien de temps ? Il ne sait pas. C'est embêtant : mon appartement est à l'étage 29 ; une voiture vient me chercher dans vingt minutes pour m'emmener à l'aéroport. Il peut m'aider à descendre les bagages, si je veux. C'est gentil, je n'en ai pas. Les escaliers ? par ici, à droite, au fond du couloir.

    Je gravis laborieusement la suite de numéros que j'ai déjà vue défiler dix fois (sans voir) sur l'écran de commande. C'est une heureuse surprise : après le 3, le 5 ; après le 12, le 15 ; après le 23, le 25. Calcul fait, j'habite au vingt-quatrième étage. Une inquiétude cependant : et si cela portait malheur ? Non : le numéro est funeste, pas le compte.

  • Pause

    Ceci s'interrompt quelques jours. Pour emplir cette pause d'une solennité qu'elle n'a pas (dire qu'on se tait, c'est parler encore ; l'écrire, ce serait le dire perpétuellement ; etc.), je recopie les trois derniers paragraphes de la Religion du signe de Claudel (Connaissance de l'Est).

  • Pas vu l'expo Dada

    Journal : Dimanche. Mangé du veau. A Beaubourg renoncé à voir l'expo Dada (bondée).

    Moralité (selon Tzara) :
    dada
    dada
    mangez du veau

  • Jour J

    Dilettantisme : pas révisé, pas relu ce qu'en disent Proust, Debussy ou Nietzsche, pas relu l'Edda, pas lu le livret, ni le Chant des Niebelungen, ni le Capital, ni le Monde comme volonté et comme représentation, pas comparé les versions Solti, Haitink, Karajan, Boulez, Knappertbusch, Böhm ou Furtwängler, pas entendu les interviews de Bob Wilson, ni de Christoph Eschenbach, passé ces dernières semaines à écouter du Wolf et du Mozart, etc. Mais mieux vaut ne pas le dire, il faudra en parler demain.

  • Peinture

    C'est une émission du genre de celles de la télé-réalité. Un groupe de robustes jeunes filles passe un temps dans une école à apprendre les bonnes manières. Elles sont sanglées dans un uniforme vert criard et des dames d'âge respectable viennent leur donner des leçons de maintien. Retenons que pour porter un toast il faut lever son verre en le tenant par le pied, le faire tourner dans le sens des aiguilles d'une montre en direction de l'assistance, tout en allant chercher le regard de chacun des convives.

    Toute l'intrigue est la répétition d'une seule séquence. La directrice et les éducatrices s'absentent pour discuter pédagogie (autour d'une nappe blanche, devant une carafe d'eau, elles parlent du bout des lèvres, menton levé, doigts noués). Alors le naturel revient au galop, les souris dansent. Réunies pour un cocktail avec les garçons de l'école hôtelière, les filles gueulent, boivent et rotent, s'endiablent jusqu'à rouler par terre (voir la Kermesse de Rubens - ou Joardens, ou Hals). Bientôt la caméra presque subjective suit le retour de la directrice à travers les escaliers et les couloirs. L'instant où la porte va s'ouvrir sur le désordre à son comble marque la fin de l'épisode (ou l'heure de la pub).