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Diversion - Page 16

  • Venise, encore

    « Le Palazzo Grassi est en ruine ! Le Palazzo Grassi est en ruine ! » clamait, péremptoire, un type assis derrière moi.

    Et comme son interlocuteur inarticulait de vagues objections : « il a acheté un hôtel particulier à Venise. Idéalement placé. Donnant sur le Grand Canal ... mais c'est une ruine. C'était une connerie de laisser Boulogne ... de toutes façons, tout est à refaire : il y en a pour des années. »

  • Mal vus

    La princesse de Trébizonde, qui plaisait tant à Giono, était peut-être visible il y a quelques années encore, accrochée à hauteur d'homme dans la Chapelle Giusti de Sant'Anastasia. Plus maintenant : la fresque de Pisanello a retrouvé sa place d'origine au-dessus de l'arc de la Chapelle Pellegrini, à dix mètres du sol.

    Le célèbre triptyque de Mantegna à San Zeno Maggiore de Vérone a été installé dans le chœur. On devine l'espace majestueux qui entoure les figures et que des piliers carrés instaurent devant l'azur semé de nuages blancs. Mais une barrière dans l'église interdit de s'approcher. Faut-il alors se réjouir que le retable ait été privé de sa prédelle et que le panneau central en soit exposé au Louvre ? (pourtant dans un endroit aussi peu propice que la Grande Galerie).

  • Il revint

    Septembre. Il y a des pointes d'écume dans les eaux du lac ; les Allemands repassent le Brenner (peut-être) ; dans les Arènes de Vérone, touristes et balayeurs pêle-mêle escaladent les gradins et arpentent les allées ; sur scène, parmi les sphinx en pagaille, les manœuvres démontent les décors d'Aïda ... Mais assez de se souvenir. Bouvard plutôt que Frédéric, je recopie, comme c'est dimanche, un poème d'Henri Thomas.

  • et Frédéric, béant, reconnut Sénécal.

    Je m'en vais. Ma contribution à ce carnet s'interrompt quelque temps. A défaut d'images, je recopie dans la note qui suit une page de l'auteur d'Un rêve fait à Mantoue.

  • Enigme

    En ce moment, dans les salles parisiennes, est rediffusé en début de programme un petit film pour annoncer une "opération" annuelle, quelque chose qui doit s'appeler Paris Cinés. Dans les premiers plans, la caméra balaye le Pont des Arts (je crois), comme on titube. Ensuite il y a le visage de Natacha Régnier, son regard, et ses lèvres qui miment un chant.

    Alors je me demande : ce réverbère que j'ai cru voir, juste avant,  était-ce le deuxième côté rive droite vers l'aval ?

    Mais avec la chanson qui passe, impossible de croire entendre le Lamento della ninfa.

  • Manque de discrétion

    Je suis au cinéma avec M. Je me surprends à parler un peu trop fort, lisant à haute voix dans un programme : Civeyrac, Rivette, Desplechin. Je me demande après coup si mon enthousiasme n'est pas lié à l'apparition quelques instants plus tôt de Jeanne B (ou de son double) venue s'asseoir dans la rangée de devant.

    Ce ne serait pas la première fois. Je me souviens d'un épisode des Vampires de Feuillade dans la salle des Grands Boulevards. Ah le silence des séances de cinéma muet à la Cinémathèque !

  • Ce n'est pas l'Ile Mystérieuse

    La lecture de la note de Philippe[s] me ramène à mon dimanche au bord de la mer. Après la baignade à midi, on part se promener jusqu'à la place du village ; on fait un crochet pour voir la belle maison blanche et lire la plaque où il est écrit que Jules Verne a habité là de 1865 à 1870. F nous apprend que notre écrivain favori a utilisé le paysage alentour comme décor pour certains de ses romans. « Ce n’est pas l’Ile Mystérieuse, mais … » L'après-midi je m'aventure entre les mares et les chenaux dans l'immense étendue de sable que la mer découvre. Elle va jusqu'à l'horizon fermé par deux pointes sombres comme des mandibules. J'avance au milieu du bruit minuscule de mille bulles d'air qui crèvent. Je parcours la carte à l'échelle 1:1 d'un pays imaginaire.