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15 mars 2012

Pelléas et Mélisande

A l'Opéra Bastille.

(La scène de la tour est une somptueuse évocation de la nuit d’été, il fait chaud, la fenêtre est ouverte, les corps s’illimitent dans les ténèbres tièdes. Autour de ce pivot, de cette belle saison symbolique et réelle, est-il imaginable de considérer que l’action de la pièce se déroule à peu près sur un an ? La rencontre de Golaud et de Mélisande aurait lieu à l’automne ("la nuit sera très noire et très froide"). Six mois plus tard (à supposer que les noces ont lieu le lendemain de cette première nuit), le couple arrive à Allemonde ("cela fait six mois que je l’ai épousée"). C’est le printemps ("Voyez, j’ai les mains pleins de fleurs", mais les tempêtes d’équinoxe menacent encore "le navire aura mauvaise mer cette nuit"). Peu après, une merveilleuse lumière d’avril illumine la Fontaine des aveugles ("J’ai vu le ciel pour la première fois ce matin"). Les scènes amoureuses entre Pelléas et Mélisande deviennent de plus en plus sensuelles, la série suit une courbe ascendante (la Fontaine, la Grotte, la Tour) puis, passé ce sommet, comme pour l’année, commence le déclin ("le dernier soir" : "j’ai entendu craquer les feuilles mortes"). C’est à ce point que les deux amants se confessent leur amour ; ils le découvrent déjà vieux et paré de son commencement ("On dirait que ta voix a passé sur la mer au printemps", "on a brisé la glace avec des fers rougis"). La suite est précipitée par la mort de Pelléas. Mélisande s’éteint au début de la mauvaise saison ("c’est l’hiver qui commence")  ; sa fille vient de naître, Golaud avait évoqué la maternité de sa femme quelques mois plus tôt.)

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