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Ariodante

Au Théâtre des Champs-Elysées.

Je suis sûr d'avoir assisté une fois déjà à une représentation d'Ariodante (en 2001 ?) et pourtant j'avais oublié Scherza infida, le grand air du rôle-titre (justement célèbre, qui justifierait à lui seul qu'on fasse entendre l'oeuvre).

Les actes se terminent par des ballets (pas fameux, sans doute, comparés à ceux-là) ; les choeurs interviennent sans laisser grand souvenir ; mais ce sont les airs qui font la matière de l'opéra. Au deuxième acte, le malheur frappe et renverse le joie initiale : la voix du méchant jubile dans sa noirceur (Si l'inganno sortisce felice), le coeur manque à l'héroïne sans qu'elle sache encore pourquoi (Mi palpita il core). Dupé par l'infâme Polinesso, Ariodante croit que Ginevra le trompe ; il veut se tuer, on l'empêche ; il chante (car après que le récitatif a réalisé brièvement quelques manipulations dramatiques, la durée s'ouvre pour que se déploie, dans un air, le résultat de l'opération sur l'âme ou le caractère du personnage) et :

Tout au monde est mêlé d'amertume et de charmes

Il fait nuit ; la pénombre a rendu possible la mystification, est-ce une illusion de croire qu'elle parvient aussi, alors, à fondre la noire ironie et la plaintive tristesse, le désespoir et la douceur, les élancements et les larmes ?

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