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Gastronomies comparées

A l'hôtel Victoria de Lowestoft (Suffolk, Angleterre), en août 1992, selon Sebald :

Plus tard, dans la grande salle de restaurant où j'étais, ce soir-là, le seul convive, c'est la même personne effarée qui devait prendre ma commande et m'apporter peu après un poisson, sans nul doute enfoui depuis des années dans le congélateur et dont la carapace panée, partiellement carbonisée par le grill, était si coriace que je me trouvai bientôt avec une fourchette aux dents tordues. J'eus effectivement tant de mal à pénétrer à l'intérieur de l'objet, somme toute uniquement constitué de son enveloppe dure, comme cela m'apparut en fin de compte, que mon assiette, après cette opération, offrait un spectacle effroyable. La sauce tartare, que j'avais dû exprimer d'un sachet de plastique, avait pris une teinte grisâtre en se mélangeant à la chapelure noircie, et le poisson proprement dit, ou ce qui devait le représenter, reposait à moitié disloqué sous les petits pois anglais vert pré et les vestiges des chips luisant de graisse.

(Sebald, les Anneaux de Saturne, trad. B Kreiss)

 

 

Au temps (et dans le pays) de Pétrarque, selon Cingria :

Les macaronis étaient inconnus à cette époque en Italie. Sans détriment essentiel. L'on y mangeait, comme maintenant, d'exquises choses agrestes et fines : de savoureux poissons bouillis saturés d'huile fruitée ; des herbes tendres, des choux, des fèves ; des petits poulets au goût fort et aux peaux bien grillées ; des petits porcs bien tournés, tenus longtemps au four ; de la vache séchée au vent, de la chèvre séchée au vent (vent marin) ; de la fine chair d'agneau aromatisée et grillée dans les pierres selon l'art jamais perdu des sacrificateurs. Car il y a encore cette poésie. D'autres cuisines plus expertes la méconnaissent.

(Cingria, Pétrarque)

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