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  • Les murailles de Rome

    Toile de Goffredo Wals, dans l'exposition sur le paysage à Rome de 1600 à 1650 "Nature et Idéal", au Grand Palais.

    (Un soleil bas, invisible, éclaire à mi corps les tours de l'enceinte aurélienne ; sous la coiffe de buissons, les lits de brique sont usés par le temps. En contrebas des remparts, l'ombre fait rougeoyer les vêtements de quelques personnages indistincts. Au-delà s'étend un terrain nu, moitié place et moitié route. L'aire est fermée au fond par le mur bas d'une bastide, avec sa tourelle et sa porte close, que la végétation du jardin déborde. L'abandon de cet espace hors les murs, la vacance de l'heure forment l'image d'une ville écartée et quasi orientale dans son éloignement ; ses abords infréquentés ; ses portes mal fermées sur le désert. Accueil ou adieu, un serviteur se prosterne devant un voyageur descendu de cheval ou qui s'apprête à y monter. La lumière rasante fait briller derrière eux quelques points du faîte ou de la paroi de l'enceinte ultérieure ; elle plonge un côté du portail dans l'ombre et blanchit le montant opposé.)

  • Le grand canal de Londres

    Je regarde l'étendue et l'autre rive et ses peupliers. Ce n'est pas la peine d'attendre ici au bord de l'eau. Passée une certaine heure, le canal est vidé. Un bus remplace le bateau ; il roule sur le fond mis à nu carroyé par les dalles de béton. C'est alors qu'on voit combien la pièce d'eau est plus large que profonde. Mais les canaux secondaires restent pleins ; une écluse barre leur embouchure. La voiture longe la rive. Plus haut dans les rochers, on s'arrête près d'une grande tache de graviers rouges qui est l'embarcadère désaffecté. On découvre à l'horizon, par-delà les arbres, le profil des toits et la forme immanquable du dôme de Saint-Paul.

  • Mahler

    Au Théâtre des Champs-Elysées.

    … Et résonne encore la flûte
    Dans la fumée des choses transparentes


    (Le Chant de la Terre est peut-être la première musique que j’ai aimée, il y a bien longtemps, particulièrement « parce qu’on n’y reconnaissait pas le son des instruments » – Au cœur de l’Abschied, l’orchestre est quasi dissous dans le souffle noir issu du grondement du gong ou de l’ébranlement des cordes les plus graves. Mais la flûte résonne encore ; elle fuit et court comme une voix que le pressentiment de son propre silence apeure, et puis cesse.)