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  • Pelléas et Mélisande (3)

    Au Musée d'Orsay.

    Plus touché par cette représentation que par la précédente (il vaut mieux s'arrêter là).

    Par moment le piano est si beau qu'on a l'impression qu'il pourrait se suffire à lui-même, s'absentant du drame (comme cette lumière venue sur la mer, où se joue l'agonie de Mélisande et qu'elle semble rejoindre).

    (Dans les dernières notes, dans cette conclusion cristalline, l'espèce de ritournelle brève et ancienne qu'on entend me fait penser sans raison aux musiciens de verre de Keller.)

  • Boys is wery lazy

    'Young boys have been smothered in chimneys before now', said a gentleman.

    'That's acause they damped the straw afore they lit in the chimbley to make 'em come down agin,' said Gamfield; that's all smoke, and no blaze; vereas smoke ain't o' no use at all in making a boy come down, for it only sinds him to sleep, and that's wot he likes. Boys is wery obstinit, and wery lazy, gen'lmen, and there's nothink like a good hot blaze to make 'em come down vith a run. It's humane too, gen'lmen, acause, even if they've stuck in the chimbley, roasting their feet makes 'em struggle to hextricate theirselves'

    (Dans le catalogue des carrières permises aux orphelins confiés à la charité publique, au début d'Oliver Twist, celle d'apprenti ramoneur n'est pas la moins réjouissante.)

  • Pelléas et Mélisande (2)

    Au Musée d'Orsay.

    A quelques mètres, dans une petite salle, sans la concurrence de l'orchestre, les voix sont plus fortes, plus incarnées dans les corps plus proches. Par moment la déclamation vient tarir le chant (comme un roc à fleur d'eau). Le parti pris de mise en scène "réaliste", le rôle central donné à Golaud renforcent à leur tour l'atmosphère de brutalité et de violence réelles : une famille renfermée sur elle-même (on ne part pas : à cause des convenances peut-on choisir entre le père et l'ami ? ou par manque d'argent - cette famine qui règne alentours ?) ; quatre générations vivent sous un même toit ; on déplore mais on ne fait rien pour arrêter la folie jalouse du fils aîné, même après le meurtre ; on reste entre soi ; à la fin, cela pourrait recommencer : c'est au tour de la pauvre petite ; une naissance fournit une nouvelle victime : elle ne rit pas... elle est petite... elle va pleurer aussi... j'ai pitié d'elle... (avec quel détachement glaçant Mélisande, voyant son enfant, prononçait ces paroles, les dernières avant de mourir ! - dans ce même spectacle en 2004 - mais la distribution a changé...)

    Cependant la musique ne disparaît pas dans le drame. Même au piano, il y a des moments d'une beauté extraordinaire. Par exemple la scène de la grotte : on y entend bien au-delà des quelques mots échangés, la caverne nocturne, la mer vaste et sombre comme la nuit, la lumière subite de la lune, le bonheur... puis la pitoyable misère des paysans morts de faim, la frayeur et l'amertume.