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  • Faust

    Faust, de Gounod, à l'opéra Bastille.

    (Ce que j’ai préféré dans la représentation d’hier, c’est la phrase de Marguerite à l’acte 2 et puis, se citant elle-même, à l’acte 5 : « Et je n'ai pas besoin qu'on me donne la main! ». Je rêvais au « Laissez-moi, je préfère marcher seule » de Mélisande –  mais, on le sait déjà, l’opéra comme genre existe pour aboutir à l’œuvre de Debussy.)

  • Tchaïkovski, Rott

    Salle Pleyel.

    Première symphonie de Hans Rott.

    (Que du paroxysme ! Les mouvements ont l’air trop courts pour ces apothéoses, comme s’ils n’étaient que la partie émergée d’un vaste complexe sonore, que de toute la montagne il ne restait que la crête. Comme un jeune animal qui à  la première  provocation se hérisse et s’irrite, l’orchestre à peine lancé croît au plus fort volume, se gonfle, fait marcher les timbales et hisse les cuivres – avec  la sonnerie quasi ininterrompue du triangle, comme le grelot de la folie ou une alarme déréglée. Dans le scherzo, la musique par moments se retourne sur elle-même, surprise d’entendre sa  propre voix ; elle se parodie, reprend d’un ton faux et criard une fanfare ou un air ; ce roulement de timbale, omineux, lui a fait peur, elle se tait.)

  • Mozart, Bruckner

    Salle Pleyel.

    Cinquième de Bruckner.

    (Les cieux sont étagés comme dans certains vieux retables et montent par grandes masses abruptes jusqu’à la lumière éternelle qui les coiffe, les déborde et les englobe dans la profondeur. Tout en bas, à gauche, les champs où l’homme foule lourdement la glèbe ; à droite, la forêt est pareille à des piliers et aux tuyaux de l’orgue, et à la grande fugue qu’ils jouent. On entend le son du cor dans la distance (que cette distance soit le temps ou l’espace, l’abîme de la nostalgie ou de la mysticité). Cependant un ange "en haut de l’univers juché" sonne la trompette ; le soleil invisible se dégage, obéissant aux lois d’un monde impénétrable, et fait rougeoyer les vitraux au fond de l’édifice.)