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  • On dangerous ground

    Revu, au cinéma, la Maison dans l'ombre, de Nicholas Ray.

    Le plus beau de son auteur (de ceux que j'ai vus en tout cas), c'est un film coupé en deux par le passage d'un lieu à un autre, par le changement de la lumière : une allégorie réelle, quand les champs couverts de neige remplacent la nuit de la ville.

    Le héros est un homme infecté par le mal qu'il veut combattre. C'est un policier qu'on suit dans son intimité solitaire, dans ses rondes nocturnes avec la patrouille, pendant une arrestation brutale, face à un suspect qu'il fait parler par violence... Après il est tancé par son chef et envoyé à la campagne, où il va enquêter sur le meurtre d'un enfant. Il rejoint le père de la victime qui court les champs, la carabine à la main, et il s'attache à ses pas. Le coupable est repéré. La poursuite commence. Les traces s'interrompent face à une maison isolée. Une femme aveugle y vit. Elle est seule, son jeune frère est absent... (Tout ce cheminement, c'est l'évidence de la chose vue octroyée au rêve).

  • A Valvins

    (...) il n'y a plus de champs et les rues sont vides, je te parlerai de nos meubles.. (Frisson d'hiver).

    Dans la maison de Valvins, où mourut Mallarmé, sont montrés en bonne place (après quels déménagements ?) ces objets qui seraient la pendule de Saxe et le miroir de Venise du poème.

    (Mais aux vitres nulle « ombre singulière » ; et, par la fenêtre, ou derrière les stores éblouis les arbres en fleurs du jardin, ou le désordre des haies au bord du fleuve).

  • Fatigue du biographe

    I did not exert myself to get Dr Johnson to talk, that I might not have the labour of writing down his conversation. (Boswell)

    A l'automne 1773 Samuel Johnson et James Boswell voyagent ensemble dans les Highlands. L'un et l'autre publieront leurs impressions. Johnson consacre son mémoire à une description du pays et de ses habitants rédigée avec le sérieux et le ton de supériorité d'un ethnologue confronté à une peuplade primitive. Cependant, chez Boswell, la matière qui prédomine est Johnson lui-même et les apophtegmes proférés par ce dernier sur les sujets les plus divers, souvent loin de l'Ecosse et des Ecossais, (ça va de la Littérature à la Religion en passant par l'éducation des enfants).

    Le 7 septembre, sur l'île de Skye, les voyageurs sont retenus chez leurs hôtes par le mauvais temps. Boswell est envahi par la mélancolie. Voyage et conversation s'interrompent (et coïncident).