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  • Un Poussin inédit

    La composition était déjà connue par une copie ancienne. Je me souviens que Poussin, quand il abandonna la charge honorifique qu'il occupait à la tête de l'Académie de Saint-Luc, prit l'habitude d'offrir chaque année à celui qui lui avait succédé la copie d'une œuvre qu'il était en train d'achever ; il la faisait réaliser dans son atelier parallèlement au travail qui l'occupait ; le tableau était livré au directeur actuel au jour anniversaire de son élection. C'est par comparaison avec cette copie éminente que le tableau a pu être authentifié. A l'arrière, deux bergers d'Arcadie conversent assis dans les rochers, figurant la vertu de l'Amitié ; l'un a les jambes croisées et sa tête se détourne, l'autre montre son profil, exactement semblable à celui de l'Apollon amoureux de Daphné, du Louvre. Au premier plan, la tête d'un grand sanglier, posée comme un trophée sur une table de pierre, parmi des feuilles et des fruits, qu'elle ensanglante. 

  • During wind and rain

    Par un temps de pluie et de vent

     

    Ils chantent leurs chansons les plus chères ;
    Elle, lui, eux tous : oui,
    Soprane, ténor et basse,
    Alors qu'un autre joue ;
    Et que les bougies font luire les visages...
    Oh non... les années, hélas !
    Comme les feuilles jaunes tombent en masse !

    Ils nettoient la mousse insidieuse ;
    Jeunes et vieux : ah !
    Ils font le chemin net
    Et le jardin clair ;
    Ils encoignent un siège dans l'ombre...
    Oh non... les années, les années ;
    Regarde passer les oiseaux blancs de la tempête !

    Joyeux ils se sont tous assis pour déjeuner ;
    Hommes faits et jeunes filles : oui,
    Sous l'arbre d'été,
    Avec l'éclat de la mer au loin,
    Et la basse-cour vient becquer à leur genoux...
    Oh non... les années, hélas !
    Et le rosier mort est arraché du mur.

    Ils déménagent pour une grande et neuve maison,
    Elle, lui, eux tous : ah !
    Horloges, chaises et tapis
    Sur la pelouse tout le jour
    Avec toutes ces choses brillantes qui sont les leurs...
    Oh non... les années, les années ;
    Les gouttes de pluie sillonnent leurs noms gravés dans la pierre.

    (D'après Thomas Hardy).