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  • Parsifal

    Au Théâtre des Champs-Elysées.

    (Le cor anglais, les gémissements du roi, la plainte d'Amfortas, comme un nerf trop sensible qu'on titille malgré soi ; la clarinette basse de Kundry, rauque, amoureuse et insatisfaite ; 

    - Et, ô ces voix d'enfants chantant dans la coupole !

    Or, porté dans des marches harassantes, le corps douloureux de l'orchestre rabâche et s'exténue, jusqu'à la vaste clairière du troisème acte, où le manteau trop usé laisse voir la lumière.)

  • Beethoven

    Neuvième symphonie, salle Pleyel.

    (Ici ce n’est pas le premier mouvement, chaos du début du monde avec ses déflagrations démiurgiques ; ni le deuxième et son trot irrésistible – ma voisine bat sans vergogne le plancher de la salle Pleyel ; c’est le troisième  qui décide la victoire : ce que ni le demi-dieu créateur ni le conducteur d’armée n’avaient pu surmonter s’efface maintenant dans la lumière. La musique procède par éclaircissements successifs, par des oraisons lancées vers le ciel. La montagne est passée. De l’autre côté, les peuples se rassemblent pour le chant de triomphe.)

  • Beethoven

    Quatrième et septième symphonies, salle Pleyel.

    (Il y a aussi dans la Septième une apothéose de la musique militaire, du "concerto di tromboni, di bombarde, di cannoni" de Figaro : le musicien a pris le commandement d’un bataillon idéal. Il est ivre du plaisir de pouvoir à volonté mettre au trot tout un escadron de hussards et de l'immobiliser le pied en l’air, tous dans le même pas. Il déclenche d'un cillement les cavalcades, les charges, les arrêts, les reculades. Dans les moments d'apaisement, le régiment n’est pas sans grâce et sait à l’occasion saluer d’une révérence. Il ne s’agit pourtant pas de défier l’adversaire : il n’y en a pas. L’offensive est unanime. Les cuivres rayonnent, la buffleterie brille, les trompettes tonnent. La bataille n’est pas de ce monde, tout le combat est une danse. Et l'armée ne soulève pas de poussière, sinon le poudroiement de la gloire.)