Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Haydn

    Les Saisons de Haydn, au théâtre des Champs-Elysées.

    (Non pas die Jahreszeiten mais the Seasons : le livret a été traduit en anglais, retrouvant la langue originelle du poème qui l’a en grande partie inspiré. Cela permet aux interprètes de chanter avantageusement dans leur langue maternelle (on comprend ce qu’ils disent), mais certaines scène perdent peut-être de leur rusticité bonhomme, fêtes paysanne de l’automne et de l’hiver, avec l’irrésistible chanson des fileuses et la ballade de Hanne.  L’été reste la plus voluptueuse des saisons mariant l’indolence et la fureur.  La pénombre de l’aube s’accorde avec l’alanguissement du plein midi, l’agitation secrète qui précède le jour est semblable aux murmures des eaux et au bruissement des feuilles dans la torpeur méridienne ; la violence de l’orage répond à l’éclat du soleil levant.)

  • Ouverture

    La Résurrection, de Giovanni Bellini, à la Gemäldegalerie de Berlin.

    (La clarté règne dans le ciel mais la terre est encore dans l'ombre, et l'univers paraît disjoint. Dans les lointains l'aube déborde les collines, où la nuit reste assise, sans les toucher : l'horizon n'est pas une ligne mais un espace ouvert entre deux mondes qui ne sont pas à la même heure. A l'extrémité opposée, au premier plan, un autre écart s'instaure entre le sol et la nue ; la Résurrection est redoublée par la prouesse d'une Ascension si bien que le Christ relevé baigne tout entier dans l'air que signale le fond de nuages roses et de couleurs célestes. Sa main bénissante se lève dans l'azur et le linceul s'arrange en volute blanche. Mais ici, en contrebas, à l'aplomb de ce corps, la lumière a atteint la terre : elle détaille merveilleusement chaque caillou devant l'ouverture béante de la tombe, elle éveille les hommes endormis ou qui approchent le long des chemins et lèvent les yeux.)

  • Les saisons

    Phaéton demande à conduire le char du Soleil, de Poussin, à la Gemäldegalerie de Berlin.

    (Phaéton est à genoux devant son père, Hélios, et le prie de bien vouloir lui laisser pour une journée les rênes du soleil ; d'un geste éloquent, il montre le char à l'arrière-plan. Le dieu est assis sur un trône de nuées dans le cercle du zodiaque. Son air de jeunesse éternelle contraste avec la vigueur fruste du mortel qui lui fait face ; son abattement montre assez qu'il va accéder aux instances de son fils et qu'il en sait les conséquences funestes. Autour d'eux les Saisons sont représentées avec leurs attributs ; le visage de l'Eté est enflammé par le reflet de sa robe rouge (qui a dit que les figures de Poussin étaient sans séduction ?). Les quatre allégories ne sont pas disposées selon une ronde : le chemin régulier qui va de l'Eté à l'Automne et de l'Hiver au Printemps forme ici une intersection, se refermant à l'endroit où se tient Phaéton. Hors du noeud que fait cette ligne, le bras du jeune homme tire une droite, on l'a dit, tendue vers le char funeste. Mais le Temps, qui s'avance, va semble-t-il trancher le fil invisible, à la fois son désir et sa vie.)