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Beethoven, Strauss

Concert salle Pleyel : une Vie de héros.

(Un beau bébé a avalé un orchestre symphonique. Depuis ses vagissements emplissent l’univers. En disproportion avec son âge, l’orchestre qui le possède bénéfice de tous les perfectionnements d’une vieille civilisation parvenue au stade ultime du raffinement : les suspensions sont renforcées par un épais matelas de cordes graves ; la propulsion est assurée par une batterie de cylindres et de pavillons de toutes tailles ; les accessoires percussifs et siffleurs qui le couronnent sont une joie pour les yeux autant que pour les oreilles. Cependant, malgré ces puissances, la voix de notre héros demeure incertaine. Peu de chose le prive de tous ses moyens (il se tait). Il est en premier lieu tourmenté par un fifrelin de vents aigres et stridents, qui émet un clapotis bavard : les Adversaires. Il est ensuite confronté à la Jeune Fille, sous la forme d’un violon seul. Le bramement amoureux de notre héros, dès qu’il commence, est alors interrompu par les éclats capricieux de la belle. Semblable à la princesse de Trébizonde qui avec sa ceinture tenait en laisse un dragon, elle joue de la chanterelle et réduit au silence tout l’orchestre superposé. Elle finit cependant par céder à ses épanchements, les deux voix se réunissent et se fondent l’une dans l’autre. Alors le héros se tourne contre ses ennemis et les défait à l’occasion d’une grande bataille de soldats de plomb, avec tambours, oriflammes et sonneries ad libitum. Dans l’espace dégagé, il étale ses atours mais la somptuosité un peu vide de son apothéose signale, sans doute, qu’il s’agit ici d’une aurore travestie en coucher de soleil ; ce n’est encore que le commencement).

 

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