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  • Le nom oublié

    Pison est convaincu de complot et accusé d’avoir empoisonné Germanicus. Il se donne la mort.

    Le prince (Tibère) (…) ne voulut pas que le nom de Pison fût rayé des fastes, puisqu'on y maintenait celui de Marc-Antoine, qui avait fait la guerre à la patrie, celui de Julius Antonius, qui avait porté le déshonneur dans la maison d'Auguste. II sauva Marcus de l'ignominie, et lui laissa les biens paternels. J'ai déjà dit plusieurs fois que Tibère n'était point dominé par l'avarice; et la honte d'avoir absous Plancine le disposait à la clémence. Valerius Messalinus proposait de consacrer une statue d'or dans le temple de Mars Vengeur, Caecina Severus d'élever un autel à la Vengeance; César s'y opposa: "Ces monuments, disait-il, étaient faits pour des victoires étrangères; les malheurs domestiques devaient être couverts d'un voile de tristesse." Messalinus avait opiné aussi pour que Tibère, Augusta, Antonia, Drusus et Agrippine (1) reçussent des actions de grâces comme vengeurs de Germanicus. Il n'avait fait aucune mention de Claude (2), et L. Asprenas lui demanda publiquement si cette omission était volontaire: alors le nom de Claude fut ajouté au décret. Pour moi, plus je repasse dans mon esprit de faits anciens et modernes, plus un pouvoir inconnu me semble se jouer des mortels et de leurs destinées. Certes, le dernier homme que la renommée, son espérance, les respects publics, appelassent à l'empire, était celui que la fortune tenait caché pour en faire un prince.

    (Tacite, Annales III, 18)

    (1) respectivement l’empereur, sa mère, la mère, le beau-frère et la veuve de Germanicus.
    (2) frère de Germanicus, qui sera empereur

  • Rossini, Mozart, Beethoven

    Concert, salle Pleyel.

    Vingt-quatrième concerto pour piano de Mozart.

    (Je crois avoir lu, il y a fort longtemps, une singulière présentation de l’œuvre que je découvrais alors (parmi les premières) et l’image ne s’est pas effacée depuis. Ce n’était pas seulement le plus beau ou le plus dramatique des concertos de Mozart et une des plus magistrales créations du compositeur : l’ouvrage tenait une place insigne dans l’histoire de la musique, ou mieux de l’esprit. Ici on pouvait entendre pour la première fois (ne me demandez pas comment) que le devenir historique s’était rendu sensible à l’homme. Etait-ce dans les coups de boutoir du premier mouvement, dans la grâce faussement naïve du larghetto ou bien dans les variations du finale ? je ne sais pas : il ne fallait pas distinguer. A la fin du siècle des lumières, à la veille de bouleversements majeurs, l’homme ajoutait au sentiment de sa propre mortalité la conscience de la caducité du système social ou spirituel qui l’englobe et de ses transformations. Et la découverte était source de terreur ou d’euphorie).