Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • La Clémence de Titus

    A l'Opéra Garnier.

    Le décor est un grand cube blanc (on se croirait toujours à Pleyel). Le palais a été inauguré trop tôt, n'est pas encore meublé ; la peinture sèche. De longs récitatifs précèdent les airs. On a l'impression d'une « œuvre de prestige », de haute culture (opera seria, Rome antique, Métastase), luxueuse mais quelque peu inhabitée. Un programme racinien lie les personnages : Sextus aime Vitellia qui convoite Titus qui se propose d'épouser Servilia qu'aime Annius. L'histoire romaine fournit des accessoires sans relief (le Sénat, le Capitole, Bérénice...)

    La distribution accentue l'effacement de l'Empereur, « meilleur des princes », mais qui à force de vouloir plaire à tout le monde, risque d'être totalement dépourvu d'existence. (Si peu vivant qu'il ne peut mourir : dans le magnifique finale du premier acte, seule son ombre est poignardée). La réalisation de l'opéra tord les rapports entre les rôles. Un chanteur l'emporte sur les autres (en l'occurrence Sextus) ; il draine à lui l'émotion et la vie ; les autres se font marionnettes et le drame devient son rêve ou son cauchemar, la chambre d'écho des hantises et des désirs de son personnage.

  • Beethoven

    A Pleyel.

    C'est (peut-être) la première fois que j'entends la Deuxième Symphonie qui, avec le mal de crâne, me paraît interminable.

    Mais, en seconde partie, l'Eroica est un tout autre monde (Figures du dépassement : cette brutalité sans le souci de plaire (Pan ! pan ! pan ! pan ! pan ! pan ! dans le premier mouvement) couronnée pourtant d'une aisance souveraine et véloce, ces départs contrariés (phrases qui finissent en trébuchant au début du finale) fondus ensuite dans l'élan irrésistible, ce chant qui sort de lui-même, porté sur un plan supérieur, dans une autre lumière, comme la marche funèbre devenue récit ou épopée...)