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La Sibylle

(dans un genre qui n'est pas le mien)

On raconte qu’un jour Apollon accorda à la Sibylle, pour la séduire, la réalisation d’un souhait. La Sibylle ramassant une poignée de terre demanda au dieu la grâce d’autant d’années de vie qu’il y avait de grains dans cette poussière. Mais elle oublia d’inclure dans son vœu la jeunesse perpétuelle. À l’époque d’Auguste, des siècles avaient passé et elle vivait toujours : on pouvait la voir rapetissée et desséchée par le temps, à Cumes, pendue dans une fiole de verre. Et quand des enfants lui demandaient : Sibylle ! Sibylle ! que veux-tu ? Elle répondait de sa voix brisée : Je veux mourir.


Oh, mon amie, ne cherche pas l’amour des immortels ! Les mortels ne gagnent rien à frayer avec les dieux. Que la mer seule aille avec le soleil, éternellement. Sur la plage où juillet nous assigne, aimons-nous selon l’heure. Oublie la folle demande de la Sibylle et laisse couler entre tes doigts la fatale poignée. S’il en reste quelque chose, collé par la sueur, je l’essuierai d’une main légère. Aux myriades amenuisées dans le sable, je préfère le grain nu de ta peau.

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