Au Théâtre des Champs-Elysées.
(L'orchestre souffle comme un boeuf. Veut-il pousser les chanteurs par dessus la rampe ? Non ils restent là, frappés comme des mouches sur une vitre... Tintamarre : on croirait que la nef des deux amants vient de se fracasser contre les fanfares récifs de Cornouailles ; et l’œuvre a fait naufrage. Le roi Marke lève les yeux pour la première fois, après la surprise, sur Isolde infidèle : que lui est-il donc arrivé, à cette "musique sublime" ? Le fatras de l’épave gît sur la scène comme des accessoires de théâtre après la représentation. On se dit que la torche pourra resservir pour allumer le bûcher de Brünnhilde (l’invocation à l’amour y est incluse), l’arme de Melot pour équiper Klingsor. Dans la carène béante, on pourrait encore introduire des scènes entières d'autres opéras de Wagner : à Kareol, Parsifal débarquera du bateau et ses soins seront plus efficaces ; Wotan aura fait ses adieux à Isolde à la fin du deuxième acte et, au troisième, tous sauteront dans le feu, les fautes des uns et des autres ayant été pardonnées ou rachetées adéquatement.)