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  • Lulu

    A l'opéra Bastille.


    (J’ai beaucoup écouté Lulu autrefois. C’est sans doute le premier enregistrement d’opéra que j’ai fréquenté. En 1990, je trouvais que le motif de l’amour de Lulu pour Schön était la plus belle musique du monde. On l’entend d’abord, je crois, sous forme de mélodrame à la scène 2 du premier acte, j’en pourrais encore réciter les paroles :

    Meines Mannes ? Wenn ich einem Mann auf dieser Welt angehöre, gehöre ich Ihnen. Ohne Sie wäre ich – ich will nicht sagen wo. Sie haben mich bei der Hand genommen, mir zu essen gegeben, mich kleiden lassen, als ich Ihnen die Uhr stehlen wollte. Glauben Sie, das vergisst sich? Wer außer Ihnen auf der ganzen Welt hat je etwas für mich übrig gehabt?

    Comme morceau symphonique, tristano-malhérien, elle sert d’interlude à la fin de cette même scène. Mais le rideau est baissé pour le changement de décor ; une partie du public considère alors que son attention est facultative et parlotte avec son voisin. Cela gâche un peu l’effet de ce grand bramement exaspéré, désir qui embrasse le vide, élan qui s’évapore avant d’étreindre : mais, patience ! on l’entendra encore avant la fin de la soirée.)

  • Tannhaüser

    A l'opéra Bastille.

    (A la fin du deuxième acte le simple cri « Haltet ein » d’Elisabeth suffit à clouer tout un chœur d’hommes braillards et à suspendre la sentence de mort. Mais le plus beau vient au troisième acte avec ce grand nocturne initial que le chœur des pèlerins traverse mais ne  dérange pas.  Les ressorts de l’intrigue sont dissous dans un lac d'amertume et de sourde attente. La romance de Wolfram et la prière d’Elisabeth y flottent comme deux vaisseaux désarmés et sans erre, avant que le formidable récit de Rome ne vienne emporter l’opéra vers sa conclusion facultative.)