Saint Jérôme entre dans la cour du monastère (qui tient le milieu entre un campo vénitien et l'orée d'une savane). Le lion qui le suit provoque la panique de l'assemblée ; le signe plutôt que l'apparence de la fuite est donné par la répétition des figures de moines à travers l'espace : identiques, raides, penchés, faisant quasi toujours le même angle avec la verticale, étrangement figés malgré l'envol des grandes robes. Ils vont se percher tout au fond sur les balcons, les perrons, les seuils du grand bâtiment qui ferme le champs. (Ils font penser à ces oiseaux débandés, volant le soir au-dessus des places d'une ville ; la patine ou l'éclairage de la Scuola donne aux teintes un aspect crépusculaire que la peinture n'a peut-être pas par elle-même.) Mais ces perrons, ces balcons, ces escaliers collés contre la dernière façade semblent à peine servir aux figures presque abstraites et sans poids qui y sont réfugiées ; non, ils ne sont là, parce que situés un peu en avant, que pour apposer leurs minces ombres dans le rose merveilleux du mur et varier, et comme toucher du doigt, sa substance précieuse.