C'était l'époque, et le phénomène était universel, où des pierres apparaissaient par condensation ; elles naissaient d'une substance répandue dans l'air. On pouvait trouver le matin, dans des chambres fermées, un sable grossier semé sur les meubles et les tapis. J'ai ramassé un peu de ce gravier et le tiens dans la paume : sa couleur va du blanc au rose pâle ; les grains sont friables et le plus souvent irréguliers ; quelques-uns cependant s'allongent et forment des bâtonnets qui font penser à des fragments de corail. J'ai dans la main un exemplaire particulièrement bien venu : ses cinq branches s'arrangent en étoile et sont reliées par des barreaux qui dessinent un pentagone à peu près régulier (comme l'image excessivement grossie d'un flocon de neige).
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La neige
A gauche, la mer. Des crêtes, perpendiculaire au rivage, déterminent une succession de pointes et d'anses où la ville est installée. L'horizon est fermé par une presqu'île rocheuse et nue. Les édifices majeurs sont bâtis sur les positions les plus élevées ; ils ont des formes simples, rondes ou carrées, à peu près sans ouvertures. Les autres constructions, situées plus bas, leur sont proportionnées. Cette mesure désigne, sans doute, la partie ancienne de la ville car elle se perd quand on s'éloigne du rivage, qui n'est peut-être lui-même qu'un décor : la ville s'ouvre et grandit en lui tournant le dos. L'influence de la mer cesse et le sol se couvre de neige ; les couleurs, qui étaient comme peintes, s'étiolent.