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  • Paysage près d'Ariccia

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    Corot - Paysage près d'Ariccia, Musée du Louvre.

    (Parmi les tableaux de Corot, il en est une série dont le charme m'échappe : ce sont ces compositions imaginaires, vues dans une lumière indécise, où des nymphes pataudes marchent dans la brume, passant sous des feuillages argentés, au bord d'étangs ; on n'y retrouve pas l'exactitude, la clarté et l'art de rendre la transparence de l'air qui font notamment la beauté des vues d'Italie peintes sur place. Dans les dessins actuellement exposés au Louvre, les feuilles tardives se rapprochent de cette manière-là : arbres fuligineux et vagues, avec la lune, des poètes et des bergers d'allégorie, intermédiaires entre Claude Lorrain et Puvis de Chavanne. En revanche dans les études de paysage plus anciennes, il y a le même bonheur que dans les toiles correspondantes : dans les vues de sous-bois, le trait du crayon semble croître comme le végétal, suivant chaque rameau à travers l'enchevêtrement. De même un banc de rochers est rendu dans tout son développement qui fait sentir le pli qu'il imprime à la terre et qu'on pourrait suivre en marchant, comme le lit de ce torrent ou le tracé de ce chemin. De grands espaces laissés blancs interrompent la profusion des motifs recréés dégageant les masses, reliant le proche au lointain, indiquant la focalisation d'un regard. Les contours sont émoussés par la profondeur mais un détail à l'horizon peut être plein de précision, dans sa petitesse, parce qu'il attire les yeux, alors qu'un buisson ou une pierre au premier plan ne sont qu'une forme imprécise.)

  • L'inondation

    La plaine est inondée. Seuls des alignements de poteaux émergent. On roule entre eux, dans l'eau, tout droit, selon la route invisible, sur de hautes roues. Maintenant il fait nuit. Marche sur le quai, le long de l'estuaire. Plusieurs lunes brillent ou bien ce sont des lampes accrochées à des mats ou des ballons dans le ciel, illuminés par les projecteurs. A la surface obscure du fleuve, leurs reflets semblent d'autres globes, verres lumineux qui flotteraient. Sur la rive opposée, des tours en fil de fer s'élèvent comme des cages immenses, pour quels volatiles ? vides.