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  • Voix

    Le Cul de Judas de Lobo Antunes est un monologue. Dans un bar de Lisbonne, un homme raconte à une inconnue sa vie de médecin militaire pendant la guerre en Angola. Sa voix rappelle celle de Marlow dans Coeur des Ténèbres de Conrad. ( Et je me souviens de cette image qu'on y trouve : la description d'un bateau de guerre français en train de canonner la côte déserte de l'Afrique...

    Once, I remember, we came upon a man-of-war anchored off the coast. There wasn't even a shed there, and she was shelling the bush. It appears the French had one of their wars going on thereabouts. Its ensign drooped limp like a rag; the muzzles of the long six-inch guns stuck out all over the low hull; the greasy, slimy swell swung her up lazily and let her down, swaying her thin masts. In the empty immensity of earth, sky, and water, there she was, firing into a continent. Pop, would go one the six-inch guns; a small flame would dart and vanish, a little smoke would disappear, a tiny projectile would give a feeble screech-- and nothing happened. )

  • Une tête sur un frigo

    (...) des bustes de Saint Vincent de Paul (...) qui allaient décorer le haut des réfrigérateurs sur des ovales de crochet si bien qu'on aurait dit que le ronronnement des appareils naissait de leurs oesophages de terre cuite affligés par des indigestions de burette.

    (Le Cul de Judas de Lobo Antunes (trad. P Léglise-Costa)).

  • Fin

    Fini le Chagrin des Belges.

    Une dernière citation :

    Mèreke tricote. Le soir, le soir avec les cris de joie des enfants du village au loin, le train à vapeur gronde en passant, fumée et vapeur dans le jardin, les poiriers et les cerisiers en sont déracinés et flottent dans l'air, les étincelles de charbon du train sont rouges comme des griottes, Mèreke tousse, ma tante ronge avec bruit un pied de porc.

    (Hugo Claus - trad. A van Crugten)

  • Beethoven

    Au Théâtre des Champs-Elysées.

    Quand commence le dernier mouvement de la Neuvième, il reste quatre sièges vides au premier rang du choeur, derrière l'orchestre. Cependant, au moment marqué, un homme entre sur scène, s'arrête et se tourne vers nous ; il passait dans les coulisses, quelque chose le force à intervenir et à prendre la parole : assez de suggestions abstraites ! cette musique grave et magnifique ne suffit plus ! chantons ensemble ! cet air que fredonnaient les violoncelles tout à l'heure, entonnons-le ! nous sommes conviés à une fête et il n'y a pas de fête sans voix ! (A son signal, le choeur se lève ; trois compères surgissent, le rejoignent et complètent le quatuor ; tous chantent, ensemble et à leur tour, jusqu'à la fin).