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  • Gounod, Saint-Saens, Chostakovitch

    Concert à la salle Pleyel.

    (Joli moment à la toute fin du mouvement central du concerto de Saint-Saens. Le violon, au plus aigu, cercle d’un fil de cuivre les délicates pièces rondes que souffle la clarinette ; c’est merveille de voir les deux instruments s’ajuster si bien malgré la distance. Tout le mouvement est repris en bis ; on peut donc admirer deux fois la prouesse mais il faut aussi supporter alors l’ennui de tout ce qui la précède.)

  • Altitudes du temps

    A mesure que l'avion s'élève, le temps ralentit, le pays survolé s'éternise.  Les villes sont vides ; entre elles, les routes tirent des lignes, tracent des boucles mais l’étendue reste sans parcours. L’érosion infinie a rendu la terre aussi plane que la mer. Dans l’estuaire étale, la lente décantation du sable a tissé un merveilleux voile, avec des gradations infimes des profondeurs à la lumière ; des volutes marquent à chaque pile du pont la trace des courants morts. Sur le rivage, toutes les éoliennes font relâche, le ressac s’avère chose peinte ; des accents blancs et brefs ponctuent les eaux ocellées et immobiles (chaque œil était une vague). L’avion descend, les pales se remettent à tourner, les vaguelettes dansent, les trafics se dénouent, un chien court dans l'herbe, un cycliste suspend son effort, coule un regard le long de sa jambe et jette un coup d’œil en arrière. – La cheminée d’usine formait avec sa fumée un seul corps stable, mi tubulure mi coton. Et la lourde péniche appuyée dans l'eau, enfoncée dans sa glu, fixait à son pied le sillage négatif, inerte comme une ombre.