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  • Webern, Messiaen, Boulez, Stravinski

    Salle Pleyel.

    La Passacaille de Webern, plus large que longue, fait penser à une symphonie de Mahler (mêmes sonorités, même amplitude des climats) mais réduite et déshabitée. C'est déjà fini (on se dit qu'il faudrait une concentration très supérieure pour bien l'entendre, ou une autre perception du temps, un plus grand pouvoir de résolution).

    De Chronochromie de Messiaen, je ne garde le souvenir que des passages où un xylophone jaseur rivalise avec les cloches et le pépiement d'un instrument à clavier non-identifié (le reste est souvent fastidieux).

    Enfin les Noces de Stravinski (pour quoi on est venu). La maison est surpeuplée ; les hôtes sont possédés par de vieux rituels, la coutume est comme un sort ; tout le monde veut tenir un rôle (qui est une façon d'être soi), se coupe la parole et parle en même temps (mais les percussions, y compris les quatre pianos, écrasent les personnages).

     

  • Mozart, Strauss

    Salle Pleyel.

    Le concert débute avec Capriccio, par son sextuor (musique dans la musique, comme la lettre d'un personnage citée dans un roman) ; en deuxième partie, il s'achève, comme l'opéra, par le monologue final de l'héroïne : cependant il ne s'agit pas de la comtesse mais de Salomé.

    La musique et le livret de Salomé sont-ils vulgaires, sont-ils kitsch ? Ici on n'y pense pas : le monstre n'est pas ridicule, l'interprète sait faire passer ensemble le caprice de petite fille gâtée et l'exaltation de l'amour absolu. (Après avoir fait longuement siffler le génétif de Todes, avec quelle maîtrise elle chante-parle les quelques vers suivants, ce ravissement qui précède la conflagration finale de l'orchestre et de la voix !)