L'allée passe de la fontaine de l'Hiver à celle de l'Automne et au-delà se termine en montant à une porte latérale de l'orangerie : une des plus belles portes du monde, mais on n'entre pas. La vue qu'on a sur sa droite, arrivé là, c'est l'Italie (les bords du lac de Côme, la Villa del Balbianello). Les palmiers en pot sont alignés le long du mur, sous l'escalier des cent marches. Au bout de l'allée de la dormeuse (nommée selon une statue d'Ariane endormie), à travers la balustrade et les troncs noirs, les eaux de la pièce des Suisses brillent sous les arbres à contre-jour.
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Berlin Rome
(S'il faut absolument trouver une correspondance entre les deux étapes du voyage :) Deux villes dont le coeur s'est effondré après une catastrophe. De larges espaces centraux ont été détruits et abandonnés aux terrains vagues. La métropole n'a pas disparu : des tronçons disloqués du corps immense ont recommencé à vivre de leur vie propre. De nouveaux quartiers ont grossi à partir des fragments ; de nouveaux centres, autrefois périphéries, se sont édifiés, Latran ou Saint-Pierre, réorganisant une cité autour d'eux. Puis, à un certain moment, les quartiers divisés sont à nouveau contigus ; tout l'espace ancien est couvert ou rouvert. Une unité est retrouvée. Des travaux d'urbanisme rétablissent des passages, des perspectives, des hiérarchies, incorporant ou corrigeant les aménagements récents, retrouvant les arrangements primordiaux, en créant d'inédits. (Mais le phénomène a lieu en quelques décennies à Berlin et dure plus de mille ans à Rome).